Jordanie : la quête de l’or bleu a tout prix

La problématique de la pénurie d’eau, phénomène récurent en Jordanie, fait débat. En effet le pays cherche à mettre en place 2 projets de grande ampleur : l’un consistant à transporter vers la capitale Amman l’eau prélevée au sud du pays  et l’autre à relier la mer Morte à la mer Rouge. Des projets qui inquiètent particulièrement les écologistes.

La Jordanie, dont 92% de la superficie est désertique, est l’un des dix pays les plus arides de la planète. Sa population, estimée à 6.3 millions (2009) avec une croissance démographique de 3,5% par an, dépend des pluies pour ses besoins en eau (saison pluvieuse de Novembre à Avril) . Ses besoins arriveraient à 1,6 milliard de m3 en 2015

Le premier projet, d’un coût de 990 millions de dollars, prévoit de prélever l’eau de nappes phréatiques à Disi et de la transporter par acqueduc sur plus de 300 kilomètres vers le Nord pour alimenter la capitale. 55 puits seraient forés et des installations de stockage à Amman construites. »La capitale profitera de l’eau de Disi pendant 50 ans », fait valoir à l’AFP Bassam Saleh, secrétaire général adjoint du ministère de l’Eau.

Le second projet, de 4 milliards de dollars,  veut percer un canal sur 200 kilomètres pour relier la mer Morte à la mer Rouge dans le but de restaurer le niveau d’eau de cette mer, la plus salée du monde, dont le niveau baisse d’un mètre par an.                                                 L’eau serait ensuite dessalée fournissant ainsi 200 millions de mètres cubes d’eau potable par an. .

Les 2 projets posent des inquiétudes au niveau environnemental alors que le ministère de l’Eau assure mener plusieurs études quant à la faisabilité du projet et ses impacts environnementaux.

Concernant le premier projet, une étude de l’Université de Duke a révélé en 2008 que Disi a un niveau de radiation 20 fois supérieur à la norme, avec la présence de radium potentiellement cancérigène dans le sol.

Concernant le second, le  président des Amis de la Terre Moyen-Orient (FoEME) estime que le « projet est inquiétant. Il causera des dommages indescriptibles. » Et que « Ce sera une catastrophe écologique pour les récifs coralliens et l’ensemble de l’écosystème du golfe d’Aqaba » (Mer Rouge)

Rappelons que plus de 60% de la consommation annuelle d’eau de la Jordanie (900 millions m3) est destinée à l’agriculture et que la dégradation de la mer Morte avait déjà commencé dans les années 1960, quand Israël, la Jordanie et la Syrie ont détourné l’eau du Jourdain, qui l’alimentait en prenant 95% du débit du fleuve à des fins agricoles et industrielles.

Des projets à suivre de près …

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