Les dernières raisons de la disparition inquiétante des abeilles

Depuis plusieurs années, les chercheurs constatent, avec une forte inquiétude, la surmortalité de milliers d’abeilles principalement en Europe (29% des colonies d’abeilles seraient décimées en France) et en Amérique du Nord.

 D’innombrables coupables aux effets cumulés, tels que le réchauffement climatique, la pollution ou encore les espèces invasives, sont pointés du doigt depuis très longtemps. Mais de récentes études, menées par des chercheurs du CNRS, de l’INRA et de l’Université Blaise Pascal, viennent d’être publiées dans la revue PLoS ONE et permettent d’orienter les pistes sur des coupables  déjà bien connus : les pesticides et un champignon appelé Nosema Ceranae (ce dernier serait responsable, en tant que parasite, de la nosémose chez les abeilles).

La récente découverte « montre que l’interaction entre nosémose et insecticides constitue un risque significatif supplémentaire pour les populations d’abeilles et pourrait expliquer certains cas de surmortalité« . L’étude prouve que des doses d’insecticides considérées comme ne pouvant pas entraîner la mort peuvent être fatales à des abeilles déjà fragilisées. Elle révèle selon le CNRS, « la nécessité d’améliorer la gestion et la protection du cheptel apicol face au danger que représentent les pollutions environnementales et les pathogènes (seuls ou en combinaison) sur la santé de l’abeille« .

Il est important de rappeler que les abeilles jouent un rôle essentiel dans la préservation de la biodiversité. Ce sont des espèces pollinisatrices qui permettent la fécondation et la reproduction, en grand nombre, de centaines d’espèces végétales. Cette pollinisation naturelle est essentielle à l’agriculture (cultures fruitières, épices, café, cacao…) et représenterait un coût énorme si elle n’existait pas ou si elle se retrouvait à néant.

Selon une étude de l’INRA et du CNRS, 35 % de la production mondiale de nourriture est directement dépendante des pollinisateurs. La valeur du service de pollinisation des insectes a été estimée à 153 milliards d’euros, soit 9,5% de la valeur de la production agricole mondiale.

La disparition des abeilles et des autres insectes pollinisateurs aurait un impact catastrophique sur l’agriculture mondiale : il diminuerait la production agricole et augmenterait les prix de l’alimentation, aggravant la crise alimentaire mondiale qui sévit actuellement. Les conséquences en termes de préservation de la biodiversité  seraient également catastrophiques.

 « Si l’abeille disparaissait de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre » avait dit Albert Einstein.

Espérons que les dernières études porteront rapidement leurs fruits…

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2 réponses à “Les dernières raisons de la disparition inquiétante des abeilles

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