Des concertations prolongées autour de la LGV PACA

Des concertations prolongées au début 2012

Depuis le 15 septembre 2011, les concertations publiques vont bon train autour du tracé de la future Ligne à Grande Vitesse (LGV) qui devrait relier Paris à Nice en moins de 3h40 d’ici 2023.

Trois mois ont été donnés aux habitants et élus pour se réunir autour de 9 comités territoriaux, 40 groupes de travail géographiques et 13 réunions publiques afin de trouver ensemble des solutions pour optimiser un tracé reliant les métropoles de Marseille, Toulon et Nice. La sélection de 4 tracés, rappelons-le,  avait été arrêtée par le 3ème comité de pilotage en juillet 2011.

Habitants, élus, encadrés par des responsables du Réseau Ferré de France (RFF), chacun y va depuis de sa proposition. Et elles sont bien nombreuses ces propositions ! Une fois de plus, la mobilisation citoyenne des trois départements concernés (Bouches-du-Rhône, du Var et des Alpes Maritimes) est si forte qu’il est aujourd’hui envisagé de rallonger le délai de concertation publique du 15 décembre 2011 au début de l’année 2012 afin de pouvoir prendre en compte toutes ces propositions riches de sens.

Le compte à rebours est lancé

Janvier 2012, date fatidique à laquelle le 4ème comité de pilotage se réunira pour arrêter une proposition de tracé. Un document contenant la proposition sera expédié au Ministère afin d’être validé à son tour.  Après la validation, commencera alors la seconde phase des études agrémentée d’une enquête d’utilité publique, qui devra elle s’achever en 2015, pour que les travaux puissent commencer en 2017. Le premier voyage à grande vitesse sur cette ligne ne devrait pas voir le jour avant 2023.

Une LGV qui prône la proximité et l’interconnexion

L’idée d’un réseau ferroviaire performant rapprochant la capitale de tout le sud-est du pays est source de réflexions depuis de nombreuses années. La SNCF annonce que cette ligne, favorisant une mobilité durable, permettra de faciliter les déplacements régionaux d’Est en Ouest, de retirer 1,5 millions de passagers de la route et 1 million des airs. Elle permettra également, grâce à une amélioration des infrastructures régionales, de libérer de l’espace pour les trains express TER avec des dessertes au ¼ d’heure en heure de pointe pour toutes les gares péri-urbaines importantes à l’horizon 2040.

Retrouvez plus d’informations sur le site de la LGV PACA en cliquant ici.

Sept élus unissent leur force contre le tracé des Métropoles du Sud

Mais voilà, face au coût pharaonique que représente un tel projet, c’est à dire un peu plus de 18 milliards d’euros à terme (20 millions pour l’extension Nice-Vintimille), de nombreux élus se soulèvent depuis des mois en se demandant qui va payer les 230 km de lignes à grande vitesse, les nombreuses infrastructures à remettre à niveau et les études qui en découlent (49 millions d’euros pour étudier le prolongement Nice-Vintimille selon les CCI).

Il y a quelques jours, Magali Giovannangeli, présidente de l’Agglo, Bernard Deflesselles, député de la 9e circonscription, Daniel Fontaine maire d’Aubagne, Roland Giberti, maire de Gémenos, Gilles Aicardi, maire de Cuges, Jérôme Orgeas, maire de Roquefort-La-Bédoule et Pierre Mingaud, maire de La Penne-sur-Huveaune, se sont tous unis pour montrer leur mécontentement face à un tracé  passant par le Pays d’Aubagne et de l’Étoile. Tracé qu’ils jugent, depuis le début, comme étant « le plus technique, le plus cher et le plus contraignant » par rapport à celui du Pays d’Aix.

« Les vignes d’Aix ont plus de valeur que nos zones d’activité et nos emplois »

Résultat de cette union (qui est un fait si exceptionnel qu’il est important de le noter),  un courrier envoyé au préfet des Bouches-du-Rhône et aux neuf financeurs des études.

« Depuis le début, nous dénonçons ce tracé qui est le plus long, le plus cher et le plus destructeur pour les habitants, les entreprises et notre environnement. Tracé qui en outre peut mettre en péril les investissements du réseau TER indispensable à nos concitoyens», selon un extrait du courrier.

« C’est un tracé catastrophique qui va défigurer à jamais un territoire que l’on a mis tant d’années à construire et qui ne nous apportera rien », « ce sera des dizaines et des dizaines de maisons détruites, des centaines d’emplois détruits », Daniel Fontaine, Maire d’Aubagne.

Dans ce texte, les élus demandent également « de ne rien proposer, financer ou réaliser sans l’accord des élus et des habitants des territoires concernés », avant une réunion en préfecture le 18 novembre.

L’accroissement de nuisances, la chute de la valeur des biens résidentiels, les expropriations et l’impact négatif sur l’emploi local,  sont autant de sujets d’inquiétudes qui ressortent régulièrement lors des concertations publiques.

Des suggestions citoyennes au centre des groupes de travail

Les groupes de travail, qui se déroulent en ce moment même un peu partout dans les départements des Bouches-du-Rhône, du Var et des Alpes maritimes, portent leur fruit.

Quelques sujets sont même bien avancés comme ceux rapportés ci-dessous :

  • Privilégier un scénario alternatif qui passerait sous le plateau de St Cyr, alternatif au passage dans la Vallée de l’Huveaune (proposition de l’association « Vivre à Gémenos » et de l’URVN)
  • Étudier la gare à La Barasse comme gare secondaire – i.e qui  n’accueille pas tous les TAGV – (cf SCOT Marseille) et au croisement de la variante St Cyr ci-dessus)
  • Étude d’un passage en tunnel dans la Vallée de l’Huveaune
  • Envisager une quatrième voie Marseille-Aubagne et plus globalement étudier l’amélioration du réseau secondaire hors LGV (Mairie d’Aubagne)
  • Mise en place d’une ligne directe Aubagne-Aix (sans passer par Saint-Charles, via Valdonne ou La Blancarde), et pour le routier également (par Valdonne).
  • Étudier une alternative crédible : Toulon-Ouest
  • Pôle multimodal avec l’aéroport Nice-Côte d’Azur
  • Desserte du haut-Var à partir des Arcs- Draguignan
  • Desserte TGV de Cannes via le réseau classique

Groupes de travail

Var :  « Toulon », « Sillon permien », « Est Var »

Alpes Maritimes :  « Ouest Alpes-Maritimes », « Sophia-Antipolis », « Nice », « Paillons-Riviera »

Bouches-du-Rhône : « Nord Marseille », « Vallée de l’Huveaune », « Pays d’Aubagne Sainte-Baume »
À titre informatif, pour le département des Bouches-du-Rhône, un nouveau débat public aura lieu le 24 novembre 2011 à 18h30, à l’Espace Bras d’Or à Aubagne.

Il est désormais loin le temps où, en 2005, 1200 hypothèses sur le tracé de la LGV reliant Paris à Nice étaient proposées au public. Depuis la concertation a fait son chemin. C’est un tracé pour l’avenir qui aura demandé et demandera encore beaucoup de mobilisation et de moyens. Affaire à suivre…

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