Pesticides : comment s’en protéger?

1. Laver ou peler les fruits et légumes?

 

Pour se débarrasser des pesticides contenus dans les fruits et légumes conventionnels, il est recommandé de laver ou peler les végétaux. Cependant, des études montrent que ces précautions ne sont pas suffisantes.

Laver un fruit ou un légume qui contiendrait des pesticides en surface est intéressant s’ils sont contaminés par des pesticides capables d’être dissous dans l’eau. On sait que la température de l’eau (chaude de préférence) ainsi que le frottement ont une influence positive sur le niveau de résidu présent sur les végétaux. Cependant, ce lavage ne permet pas d’ôter les pesticides lipophiles, c’est-à-dire, insolubles dans l’eau.

En ce qui concerne le pelage, ce dernier peut enlever certains types de résidus, bien qu’une étude ait montré que le pelage de concombres traités avec un insecticide ne permettait pas d’éliminer la présence de ce pesticide dans le légume. De plus, lorsque l’on pèle un fruit ou un légume, on se voit privé des vitamines contenues dans la peau. Cela ne semble pas par ailleurs convenir dans tous les cas, puisque certains fruits et légumes comme les fraises, framboises, salades ne se pèlent pas!

 

2. L’agriculture biologique, une valeur sûre

 

Afin d’éviter au maximum cette contamination aux pesticides, il est recommandé de choisir des produits biologiques et locaux lorsque cela est possible. Il convient également de bannir l’usage de pesticides de synthèse pour l’entretien des pelouses, des potagers privés, des plantes d’intérieur, des voiries, etc. Enfin, il est conseillé de proscrire l’usage de produits d’entretien non écologiques dans l’entretien des maisons.

En excluant le recours aux pesticides, le mode de production biologique amoindrit les risques de contamination associés à ces produits chimiques. En effet, une étude conduite sur plusieurs groupes d’enfants montre que le passage à une alimentation biologique fait disparaitre certains résidus de pesticides de leur organisme (sang et urine)[1].

Les principales caractéristiques de la production d’aliments biologiques assurent de consommer des produits exempts de produits chimiques :

–       Les cultures biologiques sont sans pesticide, sans fertilisant de synthèse et boue d’épuration ainsi que sans semences issues d’OGM.

–       Pour l’élevage, on n’emploie ni antibiotiques, ni hormones de croissance, ni farines animales dans la diète alimentaire et il n’y a pas non plus de surpopulation animale dans les bâtiments fermés.

–       En ce qui concerne les produits transformés certifiés biologiques (pâtes, pain, confitures…), les aliments ayant subi une transformation doivent provenir d’une agriculture ou d’un élevage biologique. Ils ne doivent pas contenir de colorants chimiques, d’arômes artificiels, d’agents de conservation et d’additifs de synthèse. Ils ne doivent pas non plus avoir subi l’irradiation comme moyen de conservation.

3. Consommer bio, local et de saison

 

Consommer des produits biologiques tout en maintenant son équilibre budgétaire, c’est possible! On peut par exemple faire partie d’une AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne). Cela permet d’encourager les agriculteurs tout en consommant des produits locaux et biologiques. De plus, en privilégiant des produits locaux, on évite certains pesticides présents dans les lieux de stockage, notamment pour la conservation.

Enfin, se tourner vers des fruits et légumes de saison comporte également plusieurs avantages. Cela dispense de consommer des aliments produits sous serre qui peuvent faire l’objet de traitements fongiques importants. De plus, certains pesticides persistent sous serre du fait qu’ils se dissipent mal dans l’air.

Et puis, mieux encore, pourquoi ne pas cultiver son propre potager? Cela permet, en outre, de garder une meilleure forme physique et un teint lumineux! Et puis parce que la sueur est un bon moyen d’éliminer certains produits chimiques de notre corps, l’activité physique que requiert le jardinage est d’autant plus bénéfique. En effet, la transpiration semble encore plus efficace que l’urine pour éliminer les substances chimiques du corps humain.

En conclusion

 

Sur le sujet épineux du danger des pesticides, il est possible que nous ne voyions actuellement que la pointe de l’iceberg. La prudence s’impose donc en raison des nombreuses incertitudes qui persistent. D’ailleurs, des pesticides utilisés à grande échelle il y a quelques années font désormais l’objet de restrictions sévères en raison de leurs effets nocifs sur la santé des agriculteurs et des consommateurs.

Ainsi, en considérant les données disponibles, les nombreuses incertitudes ainsi que les particularités des groupes vulnérables (femmes enceintes et jeunes enfants), il y a suffisamment d’éléments pour justifier l’application du principe de précaution dans l’utilisation des pesticides.


 

 

A lire les deux autres articles de ce triptyque:

Pesticides: quels usages et quels impacts sur l’environnement 

Pesticides: quels effets sur la santé humaine

A découvrir samedi prochain, le dernier article de cette série: Les pesticides : comment s’en protéger?

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