Carnets de voyage de Nicolas : Rome

Nicolas est rentré de son tour du monde il y a plus d’un an déjà. Cependant, piqué par le virus des voyages, il rêve toujours d’évasion. Alors dès que l’occasion se présente, il part à la recherche de nouvelles découvertes: de pays, de culture, de personnes. Et nous régale toujours de ses textes poétiques et de ses photos humanistes, pour notre plus grand plaisir !  

carnet-voyage-nicolas-romeTu n’étais qu’un lointain souvenir d’enfant, une image d’un cirque qui s’effondre, celle de places trop grandes pour mes jambes juvéniles, d’un endroit où on chante pour s’exprimer et où dansent en ballet les mains et les idées. Tant d’années après, je reviens me nourrir à tes mamelles, toi la mère de mon sang, berceau de ma famille.

J’y découvre une louve sereine et joyeuse, bien loin de la cruelle et agressive que tu étais autrefois. Ta jeunesse était rebelle, seule à dévorer les rois ; à déchirer les ennemis ; à saigner tes proies. A pas de charge plus qu’à pas de loup, tu avais étendue ton territoire jusqu’aux horizons de l’Orient. Aujourd’hui, tu défends ton histoire allongée sous un soleil de plomb.

De ton antique grandeur, il ne reste que des ruines. Le temps à fait son œuvre et les hommes aussi. Mais ici, les murs ont une bouche plus que des oreilles  et murmurent la frénésie champs des courses et les chants des arènes. Gladiateurs étendus sur le sable baignant dans un Tibre rouge, pour une furtive gloire avant d’être ensevelis dans l’oubli. Car, pour tous, au glaive succède la glaise.

Tu as connu la décadence. Les flammes dévorantes et les femmes ardentes. L’opulence des mets, des conspirations, des coups de poignards au sénat, des victoires célébrées et des gueules de bois ensanglantées. Tes lauriers tressés sur tes oreilles sont alors tombés dans la flaque pourpre de l’amnésie. Tu as pleuré du sang, tu as reniflé la vie, tu as fermée les yeux et tu t’es endormie.

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Aux coups de griffes ont alors succédé les coups de génies. Du Caravage, de Raphael à Bernini tous sont venus ici. Pour essayer de te rendre ta grandeur d’antan, toi la louve harassée, toi la louve aux poils devenus gris. Une pincée de Baroque, un zeste de poésie et te voilà revenue à la vie. Rome, alors, se lève encore et règne toujours aujourd’hui.

La Dolce Vita, les terrasses où paressent les amoureux jusqu’aux cœur des nuits, sous des lunes pleines et les clochers de la papauté. Le lierre ronge la pierre, les arbres se marient aux immeubles colorés du trastevere et les pavés s’embourbent dans l’herbe des parcs fleuris. La Louve a évoluée mais n’a pas oubliée sa génitrice forêt.

Il y a bien sur les cicatrices, les traces de cette sénile déesse qui marche sur Rome en tenant la main de Mussolini. Mais si la beauté et le talent sont rares, l’amour et la haine éphémères, tu te dresses au milieu des sept collines pour rendre tout ceci éternel.

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3 réponses à “Carnets de voyage de Nicolas : Rome

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